Conférence “PASSÉ”

Conférencière : Dre. Anne de Vernal, GEOTOP-UQAM

AnneDeVernal

Biographie : Anne de Vernal, l’une des pionnières de la paléocéanographie, dirige depuis 2006 le regroupement du Centre de recherche en géochimie et en géodynamique (GEOTOP) de l’UQAM, un des groupes de recherche, dont plusieurs membres ont joué et jouent toujours un rôle clé à l’Institut des sciences de l’environnement . Elle est professeure à l’Université du Québec à Montréal et titulaire de la chaire stratégique institutionnelle sur « le climat et l’évolution de l’Arctique du passé au futur ». Au cours de sa carrière, elle est a développé des approches pour retracer les changements du climat et de l’océan à partir des populations microfossiles dans les milieux arctiques et subarctiques. Ses travaux s’inscrivent dans le cadre de grands programmes internationaux de carottage en mer et d’étude des changements climatiques.

Résumé et titre de la présentation : Variabilité naturelle du couvert de glace de mer dans l’Arctique et les mers subarctiques.

La reconstruction de la glace de mer à partir de séries sédimentaires est nécessaire pour documenter ses variations dans le temps au-delà des observations instrumentales qui ne couvrent que quelques décennies. Plusieurs approches basées sur les traceurs biogéniques, géochimiques ou sédimentologiques ont été développées à cette fin. Parmi celles-ci, les assemblages de dinokystes permettent des estimations quantitatives du couvert de glace de mer ainsi que d’autres paramètres des conditions de surface océaniques. Les reconstructions réalisées à partir de carottes sédimentaires prélevées dans l’Arctique canadien illustrent un dense couvert de glace de mer au cours de l’Holocène, ce qui contraste avec les enregistrements des mers de Chukchi et de Barents qui montrent des variations de grande amplitude et suggérent un déphasage entre les secteurs est et ouest de l’Arctique. Les données disponibles à l’échelle de l’Hémisphère Nord illustrent un régionalisme important des changements océanographique et du couvert de glace. Elles tendent également à indiquer une forte résilience de la glace de mer dans l’Océan Arctique au cours du Quaternaire, si ce n’est au cours du Cénozoïque supérieur.